Mme Calvert et sa petite fille étaient descendues dans le laboratoire pour voir de plus prêt les vestiges du TITANIC que Lovett avait remontés.
Lovett : Louis XVI portait une pierre fabuleuse. On l'appelait le diamant bleu de la couronne, et il a disparu en 1792, à peu près à l'époque où ce bon vieux Louis eut des ennuis jusqu'au cou. Selon la légende, le diamant aussi fut détaché de sa couronne. Retaillé en forme de c½ur, il devint connu sous le nom de "c½ur de l'océan ". Aujourd'hui, il aurait plus de valeur que le diamant Roope.
Mme Calvert : Oh ! C'était une chose affreuse et trop lourde ! Je ne l'ai porté que cette fois là.
Lizie : Tu crois vraiment que c'est toi, mamie ?
Mme Calvert : Oui, c'est moi, chérie. N'étais-je pas à croquer ?
Lovett : J'ai trouvé sa trace dans des archives d'assurances. Une demande d'indemnité qui a été réglée dans des conditions de secrets absolus. Pouvez-vous me dire qui était le demandeur, Rose ?
Mme Calvert : Eh bien j'imagine que c'était un dénommé Hockley.
Lovett : Nathan Hockley, c'est exact. Un maniât de l'acier de Pittsburgh. L'indemnité était pour un collier de diamants que son fils Caledon avait acheté pour sa fiancée : Vous, une semaine avant d'embarquer sur le TITANIC. Déclaré perdu juste après le naufrage. Donc le diamant avait du couler avec le paquebot. Vous voyez la date ?
Lizie : 14 avril 1912.
Lewis : Ce qui signifie que si votre grand-mère est celle qu'elle prétend être, elle portait ce diamant le jour où le TITANIC a coulé.
Lovett : Ce qui fait de vous ma nouvelle meilleure amie.
Lovett : Ce sont quelques objets que l'on a récupérés dans votre cabine.
Mme Calvert : C'était à moi ! C'est vraiment extraordinaire ! Il est dans le même état que la dernière fois que je l'ai vu.
Mme Calvert : Le reflet a changé légèrement.
Lovett : Etes-vous prête à retourner sur le TITANIC ?
Mme Calvert acquiesça d'un geste de la tête. Lewis vint à son ordinateur et montra la reproduction fidèle du naufrage du TITANIC en images de synthèses très réalistes.
Lewis : Très bien, j'y vais. Il heurte l'iceberg à tribord qui déchire la coque en perçant des trous comme du morse le long du planché sous la ligne flottaison. Les soutes avants commencent à être inondées, et au fur et à mesure que le niveau de l'eau monte, elle passe au-dessus des cloisons étanches, qui malheureusement ne vont pas plus haut que le pont E. Et alors que la proue sombre, la poupe elle, se lève doucement d'abords, puis de plus en plus vite jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que son cul qui dépasse de l'eau. Et c'est un gros cul, on parle de 20 30.000 tonnes. D'accord, et la coque n'a pas été conçue pour supporter une telle pression, alors qu'est-ce qui se passe ? Il se fend, jusqu'à la quille, et la poupe, elle, retombe en flottaison. Puis la proue coule ce qui tire la poupe à la verticale, et finalement se détache. Là, la partie proue se met à flotter comme un bouchon pendant 2 minutes, se remplit d'eau et sonde à 2h20 du matin, 2h 40min après la collision. La proue, elle, se met à dériver, et va se poser 800 mètres plus loin, faisant du 20, 30 n½uds lorsqu'elle touche le fond de l'océan.
Lewis, ayant finit sa reconstitution, demanda fièrement :
Lewis : Plutôt cool, hein ?
Mme Calvert : Merci pour cette brillante analyse médico-légale, monsieur Budeen. Bien entendu, l'expérience que j'ai vécue était quelque peu différente.
Lovett : Vous nous la faites partager ?
Mme Calvert se leva, se tourna vers les écrans représentants les images filmées de l'intérieur du paquebot par les robots. Elle se remémorait le drame, et se souvenait des lieux qu'elle voyait défilés à l'écran. Ceci la perturba, elle se mit à pleurer.
Lizie : Je l'emmène se reposer.
Sa grand-mère refusait de partir.
Lizie : Viens mamie.
Mme Calvert : Non !
Lovett : Racontez-nous, Rose.
Elle se rasseyait à la table, fermement décidée à tout raconter... tel qu'elle l'avait vécu.
Mme Calvert : Ca s'est passé il y a 84 ans...
Lovett : On sait, essayez juste de vous rappeler quelque chose, n'importe quoi !
Mme Calvert : Voulez-vous entendre l'histoire ou non, monsieur Lovett. Ca s'est passé il y a 84 ans, et je sens encore l'odeur de la peinture fraîche, la porcelaine n'avait jamais encore été utilisée, personne n'avait encore jamais dormis dans les draps. Le TITANIC était surnommé le paquebot de rêve, et il l'était, il l'était vraiment.